*01 *02

Mon dernier dossier photo sur l'ordinateur date de novembre 2016. Les cheveux blancs de mes oncles, héros de mon enfance, y défilent avec tous ces bouts de souvenirs qui resteront à jamais gravés. Bien sûr la vie ne s'est pas arrêtée, bien sûr. Mais je me sens encore comme en suspens. Bien sûr ça se voit moins, c'est moins souvent, mais les larmes sont là encore. Moins souvent mais trop souvent.
J'ai envisagé plein de choses pour cet espace là, en suspens lui aussi. Des photos, des cousettes, des toiles, du quotidien, du poétique, du politique... mais j'étais avare de mots et j'ai perdu le chemin de mon objectif.
Ce soir j'ai rallumé mon écran, bien décidée à m'atteler à la gazette familiale. Ce petit rendez-vous mensuel ou bi-mensuel depuis bientôt 12 ans. Il me semble vide de sens tout d'un coup... Je n'y arrive pas. Je ne sais plus, j'ai oublié. Même mon paragraphe à moi je n'ai pas réussi. Que mettre, hein?
En janvier et février...
Des tous petits changements j'avais dit...
Remonter à petits pas jusqu'à ma machine. Faire des petites bricoles pour un bébé tout neuf à venir, à emporter de l'autre côté du globe par l'amie I. Faire une jolie trousse de toilette pour l'amie E qui en a une bien trop petite. Faire un joli sac de danse pour la Miss....
Prendre des leçons dans la montagne. Continuer d'œuvrer à surmonter cette maudite anxiété qui me colle aux tripes quand je vois cette étendue d'un blanc magnifique.
Raconter des histoires, souffler sur l'encre avec des pailles, décorer des objets.
Essayer avec eux aussi (avec lui surtout) de faire un peu autrement pour ne pas laisser s'installer le bras de fer qui pointe encore le bout de son nez.
Recevoir LE roman du début d'année et me lancer dans un jeu de piste pour remonter jusqu'à son expéditrice. Sourire de plaisir. Le dévorer. C'était bon, c'était trop court.
Aller écouter la belle C, avec les enfants en admiration. Elle est tellement belle, et elle chante tellement bien, la petite C devenue une belle jeune femme.
Retourner la terre, la préparer, planter quelques bricoles en attendant l'heure des légumes d'été.
Continuer à aller voir la dame qui aide autrement que celle qui s'occupe des pensées.
Ramasser une à une les violettes au pied du cerisier. Et recommencer inlassablement. Les conserver pour plus tard réaliser la gelée aux arômes sucrés.
Mais des plus grands aussi... Puisqu'il était question de doucement réajuster et de décider par quel moteur commencer pour redémarrer.
Partir du couloir coloré? Tergiverser. Oui, non, quand? Le dire l'air de rien, le dire pour de vrai... enfin décider pour de vrai de partir. Enfin décider de parler et d'expliquer, plutôt que de chaque jour rentrer chez moi en ruminant l'inadéquation avec la manière dont j'ai envie de faire mon métier. C'est fait. Si tout va bien dans deux mois ce sera terminé. 11 ans après...


2 commentaires:

  1. Que de chamboulements... je te souhaite beaucoup de sérénité, et c'est toujours un plaisir de te lire ;)

    RépondreSupprimer

Je ne peux vous répondre que dans les commentaires ou sur vos blogs... Mais je suis toujours ravie de lire vos petits mots et de découvrir de nouveaux espaces...